• Sylvain Freulon

Népal : De Tilicho Lake (4490m) à Sree Kharka (4040m)


Aujourd’hui, petit-déjeuner léger, j’ai eu l’eau à la bouche quand j’ai vu qu’il y’avait des Toblerone, certes hors de prix, 300 roupies 2€ 35, mais délicieux avant le trek et peu lourd pour la marche.

Aujourd’hui je laisse mon sac au basecamp car la route du lac est un trajet aller-retour.

Je vais devoir parcourir 8,6 klm et grimper 893m jusqu’à 4490m d’altitude.

Je démarre à 6h du matin en empruntant un petit chemin dont la zone est fréquentée par un troupeau de Yacks qui broutent l’herbe et m’observe de loin comme l’étrange étranger que je suis.

Et c’est après avoir grimpé l’équivalant de 200m que je vois un bébé yack sur mon chemin et à moins d’être un Yack pour pouvoir marcher sur les côtés, il m’est impossible de le détourner. J’avance donc doucement vers le bébé faisant style de l’ignorer… Mais lui me regarde avec stupeur tout en restant couché sur le sol et soudain il se met à meugler ! J’entends à la seconde qui suit, des bruits de broussailles et de pas lourd et rapide vers moi, je regarde en hauteur et vois un Yack adulte qui me charge !!! Pris de peur et dans un instinct de panique, je jette mon bâton de marche en direction du bestiau, le bâton se contenta juste de tomber au sol au pied du Yack, ne stoppant pas d’un poil la progression de l’animal. Je cours en contrebas en dévalant tout ce que j’ai grimpé (inutilement) au bout de 20 secondes de sprint, je constate que l’animal s’était arrêté, en me regardant avec des yeux attentifs pour enfin me tourner le dos et disparaitre avec son petit ! Ce dernier fini par disparaitre avec son petit...

Je ne fais que commencer ma journée et je suis déjà épuisé suite à cette frayeur.

Après avoir remonté tout cela je progresse dans le « paysage lunaire » qui est d’une beauté sans nom.

Le manque d’oxygène, l’altitude se font sentir, je dois m’arrêter tous les 10 15M pour reprendre mon souffle !

Le manque d’oxygène, mais aussi les Landslides font leurs réapparitions.

J’avoue que cette fois j’ai vraiment du mal ! Je suis à deux doigts de renoncer au lac, mais sachant que je regretterai de ne pas être aller jusqu’au bout, je continue ma marche tout en étant exténué.

Mon souffle est certes bruyant mais peu fiable.

Le sentier mène à ce qui ressemble à une crête à seulement 10m de haut, hormis le ciel bleu, je suppose qu’un nouveau paysage m’attend de l’autre côté.

Laminé mais déterminé je décide d’en finir le plus vite possible avec cette montée. Je récupère mon souffle comme je peux et je coure vers la cime de cette crête.

15 secondes de courses et 15 secondes de trop, je tombe à genoux sur la cime et mon regard se tourne vers le sol, je cherche à respirer et à calmer mon palpitant !

Après cet ultime effort, un vent très fort me souffle dans les oreilles, la fraicheur qui devient presque glaciale, me fait me relever la tête. Derrière moi se présente toute ma progression, le paysage lunaire que je peux contempler à 893m de haut.

Et devant moi se dresse un paysage merveilleux !

Je suis arrivé sur un immense plateau, toujours d’apparence lunaire, mais ce dernier est dominé par des sommets enneigés énormes.

Je me relève et marche lentement. Les pieds trainant au sol suite à l’effort passé, les yeux hagard face à cette beauté naturelle.

Je me sens comme dans un état second, mais terriblement bien.

Une sensation que je n’avais jamais ressentie auparavant. Comme si le monde entier n’existait plus, comme si le temps s’était arrêté, plus aucunes pensées ne me traversaient l’esprit, je suis dans cet espace naturel immense mais mon esprit (âmes) est ailleurs.

Je suis seul, mais j’avais l’impression d’être en face d’une présence en regardant ces sommets, j’entends des grondements et des craquements au loin qui résonnent avec l’écho. Je réalise que ce sont des avalanches. Pourtant loin du danger, c’est comme si la nature me faisait une démonstration de sa force.

Le lac se dévoile devant moi lentement au fil de ma marche en remontant une petite colline, je découvre un lieu magique.

Une eau alimentée par les glaciers des sommets d’un bleu comme je n’avais jamais vu !

Un autel est présent devant le lac avec une série de banderoles de mantras virevoltants au vent.

Je vois un banc face au lac et m’y assois. Seul, perdu dans cette immensité, je reste assis et ne pense plus à rien ! Enfin presque, les larmes me viennent aux yeux face à ce paysage. Et (la phrase est clichée) mais j’ai réellement senti une forme de paix intérieure, de sérénité…

Après être resté 1h dans ce lieu magique, il me faut reprendre le chemin du retour.

La route du retour est difficile, non pas pour mon souffle, mais pour mes genoux qui commence à me faire mal dans cette longue descente !

Je me revigore au basecamp avec un bon repas et décide de retourner à Sree kharka pour reprendre la route des Annapurna. Je repasse donc par les dangereuses landslides, tout en faisant copain-copain avec le dénivelé.

Et arrive en soirée à Sree Kharkha dans la pénombre de la nuit, il est 20H. J’ai les genoux détruits !

Ici, une douche chaude est disponible, je saute sur l’occasion et commence une nuit bien méritée après toutes ces émotions fortes

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