• Sylvain Freulon

Jaisalmer: la vie dans un desert. Partie1


Jodhpur : je me lève à 5h du matin, l’aube n’a pas encore pointé le bout de son nez que je sanglai mon sac à l’arrière de ma moto sous l’éclairage d’un lampadaire en face de mon hôtel.

Je ne pensais pas que faire confiance à mon GPS m’aura gâché le fait de me lever tôt.

C’est parti, je prends la route pour Jaisalmer, où devrais-je dire les ruelles de Jodhpur d’abord.

Je me suis engouffré dans la vieille ville en suivant le GPS de mon téléphone fixé sur mon guidon dans les petites ruelles où je prenais garde que mon sac n’accroche pas au mur. Au bout de 20 minutes de détours et de demi-tours quand la largeur des rues le permet Je m’engage sur un petit chemin pavé potentiellement glissant, en légère pente et dans un virage. Et une impasse se présenta devant moi contrairement au GPS qui me dit tout droit. J’ai stoppé ma progression en stabilisant ma moto sur le côté et redéfini un itinéraire qui me redirigera vers un axe principal. L’aube était arrivée et j’y voyais déjà clair. Pendant ma recherche se trouvait à ma droite un petit papy barbu avec un turban, assit sur le seuil de sa porte, buvant un thé Massala et m’observant avec un regard neutre. Pendant ma recherche le moteur de moto devait être froid car il finit par se couper. La recherche terminée je réinstalle mon téléphone sur le guidon et redémarre ma moto au starter en vain, agacée, je n’ai plus qu’une solution, le kick. Le pied droit posé sur un pavé, le pied gauche sur le kick, auquel j’ai donné tous mon élan, quand soudain mon pied droit glisse du pavé et part en l’air. Pas le temps de retrouver mon équilibre, la moto chute à l’arrêt et moi avec. Le son de la moto à terre réveille tous les chiens du quartier. Du silence matinal, j’ai provoqué un véritable concerto canin. Peu fier de mon exploit, je me suis relevé et observé ma moto qui comme moi n’a pas d’égratignure. Le papy m’observât avec le regard surprit et a arrêté de boire. J’ai regardé mon téléphone qui lui par contre s’en sort avec quelques fissures. Déjà couvert de sueur, je pris la moto et la relevai. Je suis remonté frustré et retenta une seconde fois le kick. J’ai redémarré et pris la route pour l’axe principal, or mon GPS n’avait pas prévu les meutes de chiens et les vaches bloquant les ruelles ! j’ai été coursé par une quinzaine de chiens qui ont réveillé tout le quartier. Je n’arrivais plus à suivre le GPS et roulais à vive allure en faisant preuve d’un bon pilotage pour qu’ils ne me rattrapent pas. Les habitants sortaient de leurs maisons, thé Massala à la main plutôt amusé de la situation, de voir un étranger se faire courser par des chiens à moto l’un d’eux à même mordu mon pneu arrière et un autre a manqué de peu de me mordre le mollet !

Quand je pensais les avoir semés, j’en retrouvais dix autres ! Quand enfin surgit l’axe principal, je me suis engagé, mis les gaz, c’est ainsi en observant les chiens dans mon rétroviseur que je quittai Jodhpur !

Mais les ennuis ne faisaient que commencer…

Je n’étais plus qu’à 30 minutes de Jaisalmer les premières dunes de sable commençaient à pointer le bout de leur nez. Avec cette température de 50°, un vent chaud et très fort qui avait tendance à me déstabiliser sur la moto.

A ma gauche le désert, à ma droite le désert, l’horizon semble s’évaporer sous l’effet de la chaleur.

Le ciel est bleu d’un côté et de l’autre, il m’a semblé que celui-ci commença à devenir blanchâtre, puis jaune. Soudain j’ai commencé à sentir de la poussière dans ma bouche et la luminosité diminuait à vue d’œil et le vent déjà fort l’était davantage !

Je compris que j’étais entrain d’essuyer une tempête de sable. Autour de moi, j’ai vu le sable tourbillonné, se déposer en fine couche sur le bitume mais suffisamment pour réaliser une glissade.

Il fut difficile de rouler dans ces conditions mais je n’avais pas le choix n’ayant rien pour me couvrir moi et ma moto, j’ai essayé d’être le plus rapide possible pour atteindre Jaisalmer.

Non loin, j’ai vu la ville dans cette ambiance sombre et jaunâtre, j’aperçus la silhouette de la forteresse qui est placée en hauteur au centre de la ville.

J’ai progressé dans ce qui ressemblai à une ville fantôme prise dans la tempête en tentant de rechercher mon hôtel.

Ce dernier est situé à l’intérieur de la forteresse, je suis rentré avec ma moto à l’intérieur et constata que la forteresse a une ville en son sein et qui est truffée de petites ruelles. J’avais l’impression d’évoluer dans un monde fantastique avec cette tempête et dans un temps très lointain avec l’architecture si particulière de ce lieu !

En trouvant mon hôtel, j’installa ma moto devant la porte de la réception. Et peine le temps de descendre, le réceptionniste courut avec une bâche pour couvrir ma moto sans me laisser le temps de désangler mon sac.

Une fois à l’intérieur, à l’abri de la tempête, j’ai le droit, de la part du réceptionniste, d’un ton amusé, à un « Bienvenu à Jaisalmer mon ami, tu es complètement taré de rouler par ce temps, j’aime ça ! » suivi d’une grosse tape sur l’épaule faisant voler le sable que je colportai !

Il aura fallu attendre le lendemain matin pour que la tempête soit terminée

Et je découvris cette ville d’un autre temps sous un aspect moins sombre mais tout aussi surprenantes.

Jaisalmer est surnommée la ville dorée, en voyant cette photo ci-dessous vous comprendrez pourquoi.

Mais le plus impressionnant aura été l’architecture juste sublime des vieux quartiers, qui sont foisonnants de détail !

Les remparts de la forteresse fondée en 1156 et qui à ce jour est devenu patrimoine mondial de l’Unesco.

Ainsi que le temple hindou en son sein.

Et ensuite il est agréable de profiter des petites ruelles qui permettent aux courants d’air frais de circuler

Cette ville que j’ai visitée au mois de Juin (en basse saison touristique) fut l’une des étapes les plus chaudes de mon voyage en Inde et en général mais j’y aurais passé deux semaines. D’une pour vendre ma moto, le voyage en Inde touchait à sa fin. J’aurais donc profité de mon temps dans cette ville et ses pour réaliser des portraits et rencontrer le peuple du désert !

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