• Sylvain Freulon

De Phonsaly à Bokeo : Itinéraire du nord Laos


Peu après mon départ de Oudomxai, je décide de partir pour la province de Phongsaly, situé à l’extrême nord-est du Laos en frontière avec la Chine et se partageant le parc national de Dien Bien Phu avec le Vietnam. Cette province, ouverte il y’a peu au tourisme est comme j’ai pu le constaté à mon arrivé, resté authentique.

Après une longue route de 7h depuis Oudomxai par un bus local m’ayant réservé quelques frayeurs dans les hautes et étroites routes montagneuses à rouler à toute vitesse sans se soucier de ce qu’il pouvait se trouver de l’autre côté du virage, sans klaxonner et frôlant de beaucoup trop près le ravin de quelque centaine de mètres, bref vous êtes près à payer pour des sensations fortes en montagnes russes vous pouvez également prendre un bus local au Laos et accrochez-vous !

Phongsaly ! Une fois à la station de bus, je suis contraint de prendre un tuktuk, le centre se situant à 4km et faisant déjà presque noir, marcher serait une perte de temps et vu la petite ville ou je me trouve, je constate que les hôtels ferment leurs portes dès le coucher du soleil ce qui serait contraignant.

Une fois à bord du tuktuk, un autre voyageur étranger monte à bord, un danois qui comme moi est à la recherche d’authenticité.

Le centre de Phongsaly présente des bâtiments au allures très simples et très « communiste » pour certains bâtiments officiels, cela s’explique très certainement par la proximité avec la Chine. La chine qui est d’ailleurs (je suppose) une clientèle de valeur pour les nord Laotiens. Déjà que les Laotiens on leurs propres alphabets dérivés de l’alphabet « Siamois anciens » ; Ils affichent aussi les caractère Chinois sur de longues enseignent verticale, que ce soit pour les restaurants, les hôtels ou tout autres genre de commerce, l’anglais est très peu mis en avant !

Depuis le Vietnam, j’ai pris pour habitude de découvrir mes destinations en louant des motobikes.

Dès mon réveil, je demande à la réceptionniste de mon Hôtel s’il serait possible d’en louer une.

- Désolé mais nous ne louons plus de motobike, elles sont toute cassées ! Me répond-elle.

-euh cassée, comment ça ?

Et soudain elle fait mine de couper court à la conversation et me donne une carte touristique de ce qu’il y’a à voir dans « la ville » à pied ! Alors que je souhaite explorer la région. Elle me propose donc d’aller voir à un autre hotel à 1klm d’ici, je me déplace donc à pied jusqu’à l’adresse et vois que c’est une boutique proposant des treks et des locations de motobikes…Parfait ! Me dis-je !

-Bonjour, serait-t-il possible de vous louer une motobike.

-Désolé mais toute les motobike son cassée !

-Vous aussi !

Et au fil de la conversation ce dernier n’argumente pas non plus sur le fait que les motobike soit « cassée » et me propose un trek en sa compagnie pour la modeste somme de 130€ (mon budget de semaine…) Déclinant sa proposition, il me dit d’aller voir à l’office de tourisme, ils ont surement ce que je cherche.

1klm de plus vers l’office de tourisme, je leurs demande la même chose.

-Désolé les motobike sont…

-Cassée aussi ???

-Euh oui…

-Je ne comprend pas, toute les adresses proposant des motobikes me disent qu’elles sont « Cassées, toute cassée » j’avoue que j’aimerais bien avoir une explication !

Et cette dernière voyant mon agacement m’avoue qu’il y a eu un accident avec des voyageurs auparavant et préfère maintenant dire que les motobike sont cassée et retourné les voyageurs vers des treks en compagnies d’un guide, qui sont malheureusement onéreux !

Sur la route du retour je repars les mains dans les poches agacé de ne pouvoir rien faire à « ma manière ! » Je croise le voyageur qui était avec moi dans le tuktuk.

Nous commençons la conversation en anglais et je comprends qu’il est Danois. Ce dernier ne sachant trop quoi faire me propose de l’accompagner à pied dans les différents points important de la ville.

N’ayant plus trop de choix, je décide de le suivre, le tour est vite fait, et les quelques klm à pieds n’offre que peu de découverte nous nous rendons à un point de vue dominant la ville où se trouve un stupa au sommet après de nombreuse marches. Je me rends compte que la motobike m’auras fait perdre ma conditions sportive car je fus très essoufflé en haut, le Danois me dit qu’il est d’ordinaire sportif, il fut facile pour lui de grimper d’une traite ce dédale d’escaliers.

La descente fut plus facile mais la faisait déjà sentir, déjà 13h, nous nous arrêtons manger et décidons de prendre la route (à pieds) en direction d’un petit village de montagnard situé à 7klm heureusement pour moi la route sur un flanc de montagne est plate… ouf !

Après 7klm sous le soleil de l’après-midi et ses 38° qui l’accompagne nous arrivons au village quasi désert…A part le bruit des grillons et un bébé cochon qui nous fuient à notre simple vue, pas grand-chose d’autres, je réalise deux trois photos et somment contraint d’emprunter le chemin du retour.

Photographiquement je ne pus atteindre mes objectifs mais j’aurais au moins améliorer sur la route du retour mon anglais en compagnie du Danois qui le parle parfaitement. Je lui fais part que je vais changer de destinations pour Luang Namtha dès demain matin ce dernier décide se faire route avec moi.

Nous laissons donc Phongsaly pour Une destination plus connues des touristes et voyageurs la province de Luang Namtha. 10H de route pour se rendre à l’extrême nord-ouest, situé dans le triangle d’or connue pour ses trafics d’opium, d’animaux de bois issue de déforestation illégal, la province cohabite avec la Chine, la Thaïlande et la Birmanie (Cette partie de la frontière birmane laisse songeur car elle est totalement interdite d’accès car elle est actuellement engagé dans une guerre intestine contre des milices dont les revendications sont flous du simple fait du manque de communication médiatique) ces étrange de se dire que de l’autre coté la guerre fait rage…

Changement d’ambiance à Luang Namtha, le Chinois est toujours à l’honneur sur les enseignes mais les anglophones aussi, le tourisme ici ne représente qu’une portion de rue sur 200m où se trouve hôtels et restaurants pour tout type de budget. Et je fus rassuré de constaté qu’il y’ai une boutique de location et pas cher ! Je pars tout seul cette première journée et emprunte une route qui traverse le parc Nationale de Nam Ha, 2H de route entouré par la forêt pour arriver à un village du nom de Muang Si, il était déjà midi et la chaleur atteignait la température de 38° et tel un petit village Espagnol, les gens s’enferme dans les habitations à l’abri du soleil laissant planer une ambiance de western dans une petite mêlant chaleur et poussières.

Je me laisse guider au hasard sur des petits chemins de terre et me trouve au milieux de plantations de bananiers qui (je le constate par moi-même) tout comme les plantations d’huile de palme à Bornéo, reproduit le même schéma pour ce qui est de la déforestation et de la pollution engendrée par le plastique.

Plus loin je rentre dans un village très isolé ou l’ambiance de western se fait sentir, la chaleur fait s’enfermer tout le monde, même les animaux ne font pas attention à ma présence. Je pense d’ailleurs être le seul étranger avoir mis le pied dans ce village.

Sur cette photo on peut voir l’abondante poussière recouvrant la verdure.

Le lendemain, le Danois veux me rejoindre pour conduire pour la première fois une motobike.

Ainsi nous reprenons la route cette fois sur une nationale en direction d’une ville frontalière avec la Thaïlande, nous nous arrêtons dans quelques villages où nous y croisons quelques travailleurs dans des plantations, je constate aussi sur une parabole que je ne suis pas le seul à être nul en math…

Nous nous arrêtons ensuite à la grotte Kao Rao dont l’entrée est payante malgré qu’elle soit peu touristiques.

Un vielle homme à l’entrée nous prêtent des torches car aucune lumière artificielle à l’intérieur. On peut y admirer des formations rocheuses naturelle pour le moins déroutante mais terriblement magnifique et cette ambiance ténébreuse réveille des sens d’explorations, on pourrait presque se prendre pour Indiana Jones. Pendant la saison des pluies la grotte est très probablement inondées au vue des traces sur la roche.

Une fois sorti des ténèbres, il est midi ! nous reprenons les motobikes et essayons de s’arrêter à un restaurant. Le Danois m’indique du doigt ou les gens y mangent !

Le danois me dit.

-on va leur demander si c’est un restau !

-Méfie-toi ça ressemble plus à une fête de village, ça doit picoler dur là-dedans ! que je lui réponds.

Malgré cela je me retrouve à faire des signes pour leurs faire comprendre qu’on souhaite manger !

Quand soudain on nous invite à rejoindre la table des hommes qui pour la plupart carburent à l’alcool de riz et la bière. On nous fait comprendre que ce n’est pas un restaurant mais une fête de village où il célèbre l’emménagement d’une nouvelle famille !

Je dis au Danois.

-Là on est mal barré, car ici c’est très mal de refuser les deux premiers verres d’alcool de riz !

J’avais raison deux petits verre nous est servi puis une deuxième fois, ensuite on m’invite à trinquer personnellement avec une autre personne avec un verre de bières, malgré qu’on dise « finish » trois autre séries de petit verres d’alcool de riz nous sont servis puis enfin ils nous offrent un bol de nouilles de riz très épicé… La gorge en feu je réclame quelque chose de frais. Apparemment il n’y’avait plus d’eau, on me ressert donc de la bière bien fraiche !

Le Danois me dis.

-ça commence à être dur je crois !

-Pour moi aussi !On leur fait comprendre qu’on doit partir, mais la tradition veut que on doit prendre un dernier petit verre…Tient toi près !

Une dernière gorgée quelque peu difficile et une photo souvenir et nous trouvons peu après un vrai restaurant ou nous prenons de l’eau et décidons de nous poser pour nous « reposer » !

Nous terminons la journée par une dernières visite d’un petit village sur des petits chemins de terres qui m’auront bien empoussiéré suivit de 2H de route pour le trajet du retour !

Le soir, le Danois me fait part de son intention de partir en trek dans le parc de Nam Ha pour un prix qui cette fois encore ne correspond pas à mon budget. Nous nous souhaitons donc bon voyage et je décide de prendre un Bus pour la ville frontalière avec la Thaïlande de Huay Xay dont la frontière est dessiné par le Mékong ! Et dont une seul rue est touristique.

Ici aussi je ne pus explorer aisément les environs car impossible de louer une motobike pour les mêmes raisons qu’a Phonsaly. La plupart des étrangers vienne ici pour soit traverser la frontière avec la Thaïlande ou pour réserver un trek très connu dans la région de Bokeo mais pour la somme de 130 Dollars minimum. Je pris le temps de visiter quand meme le marché et constata quel type de viande y est vendu...

De la viande de chien est y est vendu!

J’apprends le lendemain qu’il y‘a un bateau sur le Mékong qui transite jusqu’à Luang Prabang et fais un stop à Pakbeng…. Pakbeng sera donc ma prochaine destination !

A l’instant où j’écris je suis déjà dans cette petite ville et je peux vous dire que ses environs sont fabuleux, ainsi donc se termine cette article sur le nord du Laos. Malheureusement je dus faire face à quelques complications en terme de transport qui m’auront fait perdre un temps précieux et m'auront laissé sur ma faim photographiquement malgré le fort potentiel de la région, mais néanmoins ce sont des destinations que je recommande très fortement pour la beauté de ses paysages et pour l’accueil de ses habitants.

En l’attente de la rédaction de mon article sur Pakbeng n’hésitez pas à suivre mes actualités sur ma page Facebook SYLVAIN FREULON PHOTOGRAPHY

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